C'est en voyant la taille de la boîte de la Ultimate Madoka et la liste des Delays of the Dead que je me suis dit que cela ne pouvait plus durer. Good Smile Company, acteur majeur dans la production et la vente de PVC, véritable force du marché, est en train d'opérer un virage plutôt dangereux dans son public. Alors, dérapage contrôlé ou début de sortie de route ?
Ce billet est comme un écho à celui de Wyrine qui parlait précédemment de la question d'un hypothétique déclin d'Alter.
Je ne me souviens pas des débuts de Good Smile Company, pour la simple et bonne raison que je n'avais pas encore commencé la collection de PVC. En tant que "nouvelle arrivée", je ne me permettrais donc pas de vous infliger un historique que je n'ai pas personnellement vécu.
Toutefois, il me semble bien me souvenir que cette institution a fait preuve maintes fois de génie, d'abord par l'invention et le brevettage de ses nendoroids, ces petits formats malléables à souhait, dont les expressions, corps, détails étaient interchangeables. Ensuite, Good Smile Company a tiré le marché sur des créations ambitieuses, et levé plusieurs partenariats qui ont notamment permis d'arriver à la situation telle qu'on la connait aujourd'hui (par exemple avec Max Factory pour gamme des Figma).
De par ses créations épiques, allant de leur fameuse licence Fate Stay Night à Pastel Ink Moetan, il était clair que la cible de GSC était alors les passionnés d'anime, que ce soit du léger et Moe ou du plus sérieux, public que GSC traitait en connaisseur et avec force et passion. Il suffit de poser les yeux sur leurs créations d'antan pour s'en convaincre.
Si la cible principale reste donc ces passionnés, les récents choix de la firme en terme de nendoroid montrent qu'elle a décidé d'élargir son panel de consommateur. Le terme "consommateur" est cru et à la mesure de la déception qui m'a saisi devant cette triste constatation. A présent, il ne s'agit plus de passion, mais de rentabilité. Comment justifier la nendoroidisation du groupe Linkin Park, celle de Kobayashi Kamui, ou encore celle, à venir, des sportifs de Pro-Westling ?
Soyons clair, si la décision de diversifier son public tombe sous le sens et montre la compétence de GSC à assurer son avenir, on peut se poser la question de sa compétence à prendre en compte la durée d'un projet.
En effet, ce que l'on appelle les Delays of the Dead sont loins d'être une légende et impactent, de mois en mois, les commandes des clients. Ce serait une insulte que de considérer que GSC ne puisse pas évaluer correctement les temps propres à la conception d'un nouveau modèle. D'autant plus qu'ils ont eu, comme dit plus haut, un rôle précurseur et déterminant dans l'industrie du PVC. On ne peut donc pas leur fournir l'excuse des nouveaux venus sur le marché (Tsume, par exemple, aurait pu jouir d'une telle excuse).
Ces délais sont d'autant plus agaçants que l'offre de GSC ne cesse de grandir. Si cela peut s'expliquer autrement, on ne peut cependant s'empêcher de rapprocher instinctivement l'un et l'autre aspect. A un moment donné, on sent qu'il va falloir trancher : simplifier l'offre ou reformer les chefs de projet à l'évaluation des temps de production. Parce qu'au final, en élargissant son public, GSC ne fait qu'augmenter le nombre de mécontents.
Certaines des productions de GSC sont réservées à la vente par le GSC shop. Ces modèles sont de fait des exclusivités, de surcroit vendues à un prix sans ristourne au contraire des releases normales auxquelles les fournisseurs appliquent de jolies promotions qui vont de -15 à -22% du prix d'origine. A cela, GSC applique un traitement systématique d'envoi en EMS, avec trace et... déclaration des valeurs à la douane. Le prix au final est plutôt salé et l'on voit fleurir régulièrement des propositions de commandes groupées pour réduire les frais. On s'attend donc au must du must en terme de service.
Or la récente release de la Hatsune Miku Cheerful version, issue de l'illustration d'un artiste qui a remporté le concours organisé par la firme, a provoqué des taulés au sein des destinataires. Les principales accusations ont été facilement démontrées : le carton compact de la figurine avait été jeté tel quel, sans papier pour caler, ni papier bulle, dans un carton de près de 3 fois sa taille. Il est impossible de déterminer qui du trajet ou de l'opération d'emballage de GSC est à l'origine des bosses sur la boîte, même si nous pouvons nous en douter. Toujours est-il que des excuses ont été présentées à force de réclamations. Si la figurine n'a que peu souffert pour la plupart, la relation au client semble elle, payer les pots cassés.
Et ce n'est pas la seule. On retrouve également la nendoroid Hatsune Miku Snow Fluffy version où les boîtes avaient quitté l'entrepôt pleines de pièces défaillantes. Cette fois, les excuses ont été suivies de lettres contenant les pièces remplaçant le set défectueux.
En conclusion, non seulement vous attendez le produit repoussé de mois en mois, mais en plus quand il arrive avec ses frais de douanes, il est mal emballé et parfois défectueux/en piteux état.
En parlant d'emballage, on peut se pencher sur la taille des packages des figurines de GSC. Au début, tout allait bien, le package était aux dimensions de la figurine, avec un peu d'espace pour le classieux et la prudence au cas où elle prendrait un mauvais coup. Avec Black Rock Shooter, on a d'un coup d'un seul, eu droit à un package presque 2 fois la taille de la miss. Heureusement, le prix de BRS était standard tout comme sa release (dans les 6 à 7 000 yens), du coup, douanes comprises -avec des dimensions pareilles, c'était inévitable-, on en a eu pour un peu plus de 8 000 yens.
Ca commence à se corser avec Hatsune Miku Love is War, l'édition normale. Visiblement, le package avait été initialement pensé pour la version DX -celle avec les énormes speakers- mais n'a pas été retravaillé pour la version sans. Résultat des courses : il y a Miku, le pilier en fer, les couettes, le tout dans une boîte qui fait le double de hauteur et de largeur. Pour comparaison, cette box de 1/8 fait presque 2 fois la taille d'une box de la Alice Margatroid de T'System à 1/6. Là encore, le modèle tournait autour des 7 000 yens, on restait donc dans le financièrement acceptable.
Et puis il y a Ultimate Madoka. Un des plus imposantes créations de GSC, une des plus chère aussi. 14 095 Yens pour cette 1/8 qui trônera à 33 cm. Il y a un vrai débat pour savoir si la traine est en cause, toujours est-il que ça risque de coincer à l'expédition. Certains auront peut-être la mauvaise surprise de passer en EMS à cause des dimensions de la boite. On notera que la bonne affaire (pour une fois ?) était d'opter pour des commerçants français qui ont réussi à nous faire un prix plutôt correct lorsque l'on additionne les frais (figurine + ports + douanes). Reste à savoir si les délais annoncés par GSC seront tenus.
De ce que Good Smile Company veut bien nous laisser voir, on ne peut que s'inquiéter de la tournure des évènements. Va-t-on se trouver face à une marque polymorphe, dont le seul but est de faire plus de profit ? Est-ce que cela se traduira par des conceptions moins intrépides ? Des rééditions des Best sellers -comme pour Saber Distant Avalon- ? Des retouches minimales sur des figurines à peine parues pour rentabiliser encore plus le modèle -comme pour Sayaka Miki- ?
Il ne manquerait plus que GSC tente de verrouiller le marché des fournisseurs et on aura un vrai scénario de science-fiction. Oh wait...
Écrit par Kxan, le 24 octobre 2012
Tags : Good Smile Company
Crédits photos : FigureManiax - Angelnoah, 2chan, OdaP - GSC, Good Smile Company
Premier Persona entre les mains. Appréhension d'un titre plébicité et soft mangeur de temps font très bon ménage.
L'épisode PS Vita bien avancé, on passe sur la version PS3 de toute beauté.
Courir dans les nuages pour rejoindre cette chère Elizabeth sans se faire attraper par Songbird !
Créer sa ville à son image c'est cool, mais le soft vaut-il vraiment le coup ??
Level-5, Ghibli et Joe Hisaishi réunis dans un même jeu ? Le rêve *__*
Premier truc, énorme le coup du troll avec Miku dans la bannière, ça n'a pas manqué de me faire rire ;)
J'approuve totalement l'article, de toute façon avec les nendos en même temps ça faisait longtemps qu'une direction avait été prise à mon goût...
Niveau GSC shop, tu oublies un truc (pour en rajouter une couche ^^) c'est qu'on paye le prix Japonais TTC (ironique de payer la taxe Jap alors qu'on va se prendre des frais de douanes derrière avec l'EMS).
Donc 5% en plus de ce que tu disais au niveau des réducs qu'on a pas comme lors d'une commande sur certains sites bien connus.
Je n'ai eu qu'une (et bonne expérience) avec le shop, c'était sur ma commande groupée (x5) de Lacia et les figurines étaient correctement emballées dans le très gros carton qui m'est parvenu.
Et le packaging en lui même ne m'a pas choqué d'autant plus qu'il y avait un grand livre qui accompagnait la belle.
Ouch la photo de la Cheerful Miku, mais bon bien fait (parce que c'est Miku :P)
Pour l'histoire de Madoka, depuis l'écroulement de l'euro, je m'embête plus et quand une fig est imposante (ne passe pas en SAL) je prends direct en France (mes deux prochaines Nanoha sont commandées chez otaku-planète, la Koto et la Alphamax), quitte à raquer, je préfère encore faire marcher le commerce local que les voleurs des douanes.
Pas d'avis sur les délais vu que je ne suis pas bien au courant de ces choses vu l'orientation de ma collection (peu de GSC, vu leurs choix de licences).
Enfin de minimes corrections dans le passage GSC shop :
au(+x)quelles les fournisseurs
EMS, avec trace (traçabilité) et...
les boîtes avaient quitté l'entrepôts / l'entrepôt ou les entrepôts, pas un mix lol ;)
Bref gros poutoux Kxan, je t'adore <3
Ca fait super plaisir, à un point indescriptible ^^#
*Poutoux en retour*